Refugee Support Network: « Donner une voix aux réfugiés »
Humeur

Refugee Support Network: « Donner une voix aux réfugiés »

9 janvier 2018
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« Nous ne pouvons pas réduire les réfugiés à des statistiques ». Cette phrase, vous la lirez sur le site Refugee Support Network (RSN), lancé en septembre dernier par un collectif de journalistes européens.

marieke-vcMarieke Van Cawenberghe, journaliste belge à la VRT, fait partie des initiatrices du projet. « L’idée est venue de deux journalistes, l’une italienne, l’autre anglaise », explique t-elle. Au delà du drame des réfugiés, l’ambition de la plateforme consiste à « collecter toutes les histoires des réfugiés qui arrivent à Lampedusa, en Italie ».

Formée, notamment, au journalisme mobile, c’est-à-dire au smartphone, Marieke a passé du temps sur l’île italienne, où le flux des réfugiés ne tarit pas.

« Ce site permet de raconter ces histoires de réfugiés qui ne trouvent pas leur chemin dans le récit médiatique. Il s’agit de leur donner une voix  en s’appuyant sur la force des  réseaux sociaux ».

Un défi tant les épreuves traversées par ces populations sont délicates. « Ce n’est pas facile à couvrir », confie Marieke qui cite, par exemple, « l’histoire de cette jeune Africaine, partie des côtes libyennes, victime de brûlures à l’essence à bord de son embarcation, aggravées par l’eau salée. Elle mourra dans les bras du prêtre Don Mimmo, à son arrivée à Lampedusa« .

pretreLe prêtre Don Mimmo, voir la vidéo

Un travail de terrain, opéré par une équipe de journalistes européens, qui cherche « à sensibiliser les gens à cette question. On entend parler des réfugiés mais on oublie que ce sont des pères, des mères, des enfants », rappelle Marieke Van Cawenberghe.

team-rsn

L’équipe de RSN réunit des journalistes anglais, irlandais, belges, italiens et allemands.

Une approche journalistique qui restitue cette solidarité que les habitants de Lampedusa conjuguent au quotidien.

Selon la journaliste belge, « ils cherchent beaucoup à aider. Quand des bateaux arrivent, ils sont là », n’hésitant pas à s’investir en dehors de leur métier. « J’avais discuté avec un chef restaurateur qui était aussi bénévole pour la Croix Rouge ».

cemetaryLe cimetière de Lampedusa
Le prêtre Don Mimmo organise les funérailles des migrants

Si le flot des réfugiés ne faiblit pas, les Syriens sont de moins en moins présents. « La route par la Méditerranée est très dangereuse. Il y a surtout des Somaliens…des Africains en majorité. Avec la fermeture des Balkans, ils sont peu nombreux à passer« , constate la journaliste.

refugee-enfantsUne nécessité de faire savoir. De mettre des visages sur des statistiques. « D’autant que l’Europe du nord se plaint de l’arrivée des réfugiés alors qu’ils sont dans le sud… », pointe Marieke. Et de rajouter, « la Turquie a accueilli plus de 2 millions de réfugiés alors que ce n’est pas la plus grande puissance économique qui soit ».

L’équipe prévoit d’élargir son travail à la Grèce aux côtés des ONG  puis au Kenya. Si vous souhaitez diffuser l’histoire d’un/une réfugié-e: Refugee Support Network (en anglais).

Nadia Henni-Moulaï