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« Chère Ijeawele », un manifeste enjoué sur l’éducation féministe

1 décembre 2018
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« Chère Ijeawele », un manifeste enjoué sur l’éducation féministe

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MeltingBook réalisera régulièrement des « Focus » sur des classiques à avoir dans sa bibliothèque. Notre contributrice Ella David propose de (re)découvrir “Chère Ijeawele, ou un manifeste pour une éducation féministe”. Dans cet essai, l’auteure et commentatrice sociopolitique nigériane Chimamanda Ngozi Adichie s’attaque au combat de l’égalité femmes/hommes. Avec pour point d’orgue : l’éducation. 

 

Voici les prémices d’un féminisme tourné vers le sud. Ce petit essai sous forme de lettre provient de la correspondance privée de l’auteure, Chimamanda Ngozie Adichie, avec son amie d’enfance.

CHÈRE IJEAWELE, ou un manifeste pour une éducation féministe” (2017, Ed. Gallimard) nous épargne le jargon conceptuel et abstrait autour du genre.

Cet écrit n’a qu’une mission : aiguiller sur la longue route de l’éducation autant des jeunes filles que des jeunes garçons. Chimamanda Ngozi Adichie, née 1977, et originaire d’Abba (Niger), esquisse une ligne directrice : celle du féminisme.

Le sujet est abordé de manière très pragmatique, en 15 propositions. Il est ancré dans la réalité par des mises en situation. Non sans un esprit éclairé, Chimamanda rend son ouvrage à tous en gardant une plume simple et accessible.

Par cette missive, on (re)découvre un féminisme teinté de couleurs africaines. Un féminisme tenant compte des traditions et des identités locales.

 

 

Quelle est sa vision du féminisme ?

 

L’écrivaine émérite en offre une vision singulière, nourrie par son vécu. Chimamanda l’accompagne par un raisonnement percutant.

C’est le cas par exemple lorsqu’elle explique que :

 

« Savoir cuisiner n’est pas une compétence préinstallée dans le vagin. Cuisiner s’apprend. Cuisiner -de même que les tâches domestiques en général- est une compétence de base qu’idéalement les hommes et les femmes devraient avoir. C’est également une compétence qui se refuse parfois aux hommes comme aux femmes. »

 

Cet ouvrage tente de fournir une analyse contemporaine de la société nigériane. Et de manière sous jacente, une brève critique des cultures et des sociétés africaines, sous le prisme du féminisme.

Elle avance l’idée qu’il faut apprendre à nos enfants à interroger leurs cultures qui utilisent la biologie de manière sélective comme argument pour justifier les normes sociales.

Pourquoi affirme-t-on qu’un enfant appartienne d’abord à son père ? Alors qu’intrinsèquement, le parent biologique certain est la mère ? Voilà des interrogations que soulève Chimamanda. Et tente d’apporter des éléments de réponses.

 

Ici, Chimamanda ne se positionne pas en donneuse de leçon.

Ni en Madame je-sais-tout. Simplement en bonne amie suggérant des conseils. Elle expose son point de vue, certes. Sa théorie féministe repose quant à elle sur des exemples concrets, remontés du terrain, et issus de son expérience personnelle.

Ainsi, elle conseille à son amie de ne pas établir de lien entre l’apparence physique de sa fille et la morale. Oui encore, elle lui avance l’idée que porter une jupe courte n’est pas immorale. Et qu’il s’agit plutôt d’une question de goût, de charme, que de morale.

Ce petit livre aborde un sujet brûlant, toujours autant d’actualité. Le ton reste léger et enjoué. On y trouve du bon sens ponctué par l’humour caractéristique de Chimamanda.

De quoi aborder le féminisme dans la bonne humeur et sans sortir les crocs.

Par Ella David 

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One Comment

  1. Zap Pow

    Je l’ai lu, je l’ai acheté, je l’ai aimé, je l’ai relu, et j’ai continué à l’aimer.

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