ÉDITO
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#JeSuisLesBleus (ou pas)

16 juillet 2018
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#JeSuisLesBleus (ou pas)

[#Édito 1] : Hier, j’étais à l’orée de Paris avec mes enfants. Entre Neuilly-sur-Seine et la porte Maillot. Et le spectacle en valait la chandelle. Une ivresse qui confirme bien comment Paris peut être une fête. Et comme ce pays, balloté de polémiques en polémiques, avait besoin d’exulter.

Certes, cette allégresse est fondée sur une illusion, celle d’une France inclusive. Mais, alors… aurais-je dû dire à mes enfants:

« On n’ira pas faire la fête, c’est trop hypocrite les enfants. Cette France qui chante n’existe pas. La semaine prochaine, on recommencera à rejeter cette France multiculturelle! ».

Quoi de mieux pour leur ôter cette insouciance. Une insouciance, précieuse ressource, qui me permet encore, moi adulte, de rêver, d’espérer et surtout de résister à un système dans lequel les imperfections et les inégalités sont fabriquées et entretenues.

Sacré carburant

Oui, nous, adultes, le rêve est permis. Recommandé même. Et la victoire des Bleus est une occasion pour le faire.

Pourquoi s’en priver ? Voir des gens de tous milieux sociaux, toutes ethnies, communier le temps d’une soirée, c’est un sacré carburant pour poursuivre les luttes.

Parce que cela veut dire que les idéaux, pour lesquels beaucoup se battent à leur façon, avec leurs tempéraments respectifs, leurs stratégies, ne sont pas inatteignables. Ils peuvent s’ancrer dans le réel… même pour 12h.

Je crois qu’il faut rêver.

Hier, nous avons vu, le temps d’une faille spatio-temporelle, comment une France multiculturelle pourrait apporter à ce pays jacobin et tourné vers un passé révolu.

Difficile de dire (hormis les gardes à vue) que cela est répulsif. Je crois qu’il faut rêver. Pour ne pas sombrer dans l’aigreur. Et l’aigreur n’est pas la meilleure conseillère, surtout quand on veut changer le monde.

Bien sûr, aucune injonction à être Les Bleus ou à ne pas l’être. Mais laissons ceux qui le sont, l’être et le chanter en paix. Mettre les gens en conflit avec eux-mêmes, sur des questions aussi subsidiaires, je trouve cela contre-productif et surplombant.

Sans compromission, et le mot a un sens aigu chez moi, continuons nos combats, nos projets mais rêvons aussi. Si l’on n’atteint pas la Lune, on atterrira au moins dans les étoiles, comme disait Wilde.

Nadia Henni-Moulaï

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