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Fatoumata Kebe, « space girl » devenue docteure en astronomie


Le 10 janvier prochain, elle présentera ses travaux à Paris. Fatoumata Kebe a étudié « l’influence des incréments de vitesse impulsionnels sur les trajectoires de débris spatiaux ». Un parcours hors norme mais bien ancré dans la réalité. Et c’est tant mieux!

A l’origine, l’astronomie, Fatoumata Kebe n’est pas vraiment née dedans si l’on peut dire. Mais aujourd’hui, c’est sa vie…en tout cas une grosse partie. A 29 ans, elle rejoint le club  des 18 Space Girls Space Women, un projet qui dresse les portraits de « l’espace au féminin». Aujourd’hui, si sa vocation est claire, plus jeune, il a fallu prendre conscience de cet amour céleste.

Elle est « fière de faire ce qu’elle aime » mais a d’abord eu du mal à mettre des mots sur sa passion. Ce sont les livres, où elle a littéralement plongé étant jeune, qui l’y ont aidée.

Dans la bibliothèque de ses parents, elle tombe sur une encyclopédie dédiée à l’espace. Hasard ou destin. « J’ai été tellement touchée par la beauté de ces objets célestes que je me suis dit que plus tard, j’aimerais travailler avec ». Fatoumata a 7 ou 8 ans. Et sans le savoir, elle vient de trouver sa voie.

Fatoumata Kebe
TEDx Champs Elysées/2015


Elle plonge, alors, dans les livres, fréquente assidûment la bibliothèque et avale des heures de documentaires. Son sujet de prédilection vous l’aurez deviné? L’espace.

Après un baccalauréat scientifique, Fatoumata Kebe opte pour des études d’astronomie. Elle doit travailler dur pour combler les lacunes accumulées durant les années lycée, mais finit par intégrer le prestigieux Observatoire de Paris.

Un tournant qui la mène dans le haut lieu de l’astronomie, le Graal…la NASA. « J’ai suivi une formation dans un des centres de la NASA pendant près de deux mois.

Heureusement pour moi, cela tombait pendant les célébrations des quarante ans des premiers pas de l’homme sur la Lune. La NASA a fait un appel à des volontaires pour aider aux préparatifs et tenir les stands. Ce que j’ai fait ».

Sa thèse, la jeune femme la consacrera aux débris spatiaux, des objets que l’homme a laissés au-dessus de la Terre, comme des satellites à la retraite par exemple, et qu’il n’a pas pris la peine de nettoyer.

debrisspatiaux


Selon Fatoumata Kebe, « la banlieue de la Terre est devenue une véritable poubelle.  125 millions de débris d’une taille inférieure à 1 centimètre s’y sont accumulés. 700 000 de plus mesurent entre 1 et 20 cm et 20 000 autres sont encore plus gros »

Leur nombre est « tellement énorme » qu’il faut obligatoirement trouver un moyen de débarrasser l’espace de ces débris. Car à terme, les risques de retombées sur la Terre sont bien réels. L’action du soleil sur ces débris a pour effet d’écailler peu à peu la peinture qui les recouvre.

Ces morceaux de peinture pourraient alors, en chutant, s’apparenter à des balles de revolver risquant d’endommager les satellites en activité. Et si un satellite était touché, cela aurait forcément des conséquences s’agissant des communications, d’internet, etc. Un risque de réaction en cascade non négligeable, donc.

Pour Fatoumata Kebe, l’idéal serait de devenir chercheure-entrepreneure. Elle pourrait alors continuer dans la recherche tout en se lançant également dans la technique et en proposant une méthode de calcul permettant d’atteindre les débris spatiaux.

Une mission qu’elle va maintenant décliner au quotidien. Armée de sa passion pour l’astronomie, Fatoumata Kebe vient de poser le premier jalon d’une carrière qui s’annonce brillante. Elle l’espère d’ailleurs: « Ma thèse n’est qu’une première étape…»

Entrepreneur des médias, Fondatrice de MeltingBook, Directrice de la publication et des Éditions MB.

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