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Haroun : « J’ai besoin de faire rire ceux dont je me moque »

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L’humoriste Haroun ne s’interdit aucun sujet. Cynisme affuté et vannes maîtrisées, son rôle est clair : faire rire, partager, dédramatiser. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on rigole bien… Entretien.





Sur internet, les jeunes consomment beaucoup de vidéos d’humour. Ils sont aussi très vulnérables aux théories du complot que tu abordes dans ton spectacle « Internet, etc. ». Un vrai fléau…

Haroun : Ça a toujours existé, mais c’est moins facile à démentir aujourd’hui. Il faut être proche de son enfant, ne pas laisser son gamin regarder n’importe quoi. Je pense que c’est une question de présence.

Quand on était jeune, des rumeurs circulaient régulièrement du type les aiguilles contaminées au cinéma, du rat dans les steaks hachés du McDo… Elles reviennent tout le temps.

Quand j’ai fait « Haroun casse la télé », il y a des gens crédules qui pensaient vraiment que je parlais avec Marine Le Pen.


J’avais fait cette vidéo justement pour montrer que même la vidéo était manipulable et qu’on pouvait faire croire à des choses très absurdes avec une image réelle.


Il y a une responsabilité des parents qui abandonnent leurs enfants aux médias, devant la télé ou devant les smartphones…

Est-ce que les enfants sont responsables ? Non. Est-ce que ce sont les réseaux qui sont responsables. Non.

Il y a vraiment une question d’éducation, comment faire pour intéresser les jeunes pour qu’ils aillent se renseigner par eux-mêmes et qu’ils aient un esprit critique.



En quoi l’humour peut-il être un outil pour développer son esprit critique ?

Haroun : L’humour peut tout déconstruire. On peut montrer que tout est ridicule à n’importe quel moment. Dans la vidéo que j’ai faite sur Éric Zemmour, ce qui m’a intéressé, c’est de parler de sa manière de prouver ce qu’il dit.

J’ai essayé de montrer qu’il utilise des faux syllogismes et j’ai cité dedans le paradoxe du fromage à trou : « Plus il y a de fromage, plus il y a de trous, or plus il y a de trous, moins il y a de fromage, donc plus il y a de fromage, moins il y a de fromage. »

C’est l’art de montrer de la logique dans quelque chose de fou et donc, de faire croire n’importe quoi aux gens.

« J’aime bien la position de troll. Je peux tout critiquer ou tout défendre »



Haroun

L’humour est important, car il est capable de montrer que toute pensée peut être ridicule.

Le problème, c’est que l’humour peut aussi être une arme, s’il est utilisé dans une mauvaise direction. Tu peux tout ridiculiser : donc tu peux ridiculiser les bonnes comme les mauvaises choses. On peut se moquer des écolos alors que l’on en a besoin…



Le rire est-il un moyen pour pousser à la réflexion mine de rien ?

Haroun : Je ne dis pas ce que je pense, je ne dis pas ce qu’il faut penser. J’ai fait un sketch sur les armes où je parle des mecs qui font des émeutes et qui brûlent leur lycée et je compare ça à une émission que j’ai vu qui s’appelle les « Chemins de l’école » où tu as des petits qui vont à l’école sur des chemins de dingues.

Je fais une rencontre entre les deux entre celui qui a brûlé son lycée et la petite qui fait une heure de pirogue pour aller à l’école…  Mon but : c’est de faire rire. Mais, si après avoir ri, les gens s’ouvrent à quelque chose d’autre, vont voir l’émission, là je me dis que mon taf est plus que fait. Je suis aux anges quand ils se renseignent.



Tu n’hésites pas à aborder les polémiques sociétales, quel regard portes-tu sur la France d’aujourd’hui ?

Haroun : Je vais te dire franchement, mon regard il n’est pas très précis. Il est totalement déformé à force de faire ce que je fais…  C’est comme les dessinateurs, ils voient des choses que nous ne voyons pas.

Mon regard est biaisé, il est très cynique, très stoïque. Il n’est ni positif, ni négatif, mais avec beaucoup de recul et ça m’amuse.

Soit, c’est une déformation professionnelle. Soit c’est moi qui suis câblé comme ça, mais je n’ai pas de jugement.  

Quand on va dans d’autres pays du monde, c’est tout aussi bien et pas bien. Il y a toujours le même équilibre. On a tendance à beaucoup dramatiser en France alors qu’en fait… ça va.

On peut se battre pour ce qu’on espère, et réussir. Il y a beaucoup de chemins en France pour essayer de s’en sortir. Je ne suis pas si critique ou alors je suis forcément critique de tout.

J’aime bien la position de troll. Parce que je peux tout critiquer ou tout défendre.

Mais, ce n’est pas à moi de donner mon avis sur : est-ce que la France est bien ou pas bien ? Le monde est bien ou pas bien ?

Il y a tout et son contraire. Je ne suis pas d’humeur pessimiste en général, puisque je me dis que tout a une fin. Il faut bien qu’il y ait des systèmes qui éclatent, des choses qui se terminent, qu’il y ait des changements.

Si tout part en couilles, c’est pour qu’il y ait un nouvel ordre. Par exemple, si l’apocalypse s’abat et que 90% de l’humanité est rasé, alors il restera 10% qui va kiffer (rires).

J’avais cette réflexion une fois : le problème c’est pas la fin de l’humanité, mais si c’est NOUS qui vivons la fin de l’humanité, ou nos enfants, ou nos petits-enfants… mais après : ahhhh ça va, ce n’est pas de notre faute…

Je pense que je fais partie des privilégiés. Il faut demander une critique à ceux qui galèrent. Tu ne peux pas critiquer quand tu es bien.




Est-ce qu’en tant qu’humoriste, on te demande de parler de certains sujets, les mettre en lumière, de prendre position ?


Haroun : Bien sûr, on me le demande souvent. Mais je ne peux pas, parce que je ne connais pas tous les sujets ! Et on ne se rend pas compte du travail que c’est de se renseigner sur un sujet et d’être juste.  

Je ne suis pas un porte-parole. Je suis juste là pour divertir les gens et dédramatiser sur certains sujets, et qu’ils sortent de la salle en se disant :


« On a bien rigolé et on est capable de parler de ce sujet car on est capable d’en rire ensemble. »

Il y a des gens qui accordent trop d’importance à ce qu’on peut faire sur scène et qui nous voient comme des messagers… Alors j’espère garder ce recul.

Parfois, il y a des gens vraiment énervés qui m’embrouillent sur les réseaux sociaux, sur ce que je dis, parce que je n’ai pas dit exactement ce qu’ils pensent… Mais j’ai envie de leur dire :


« Je ne suis pas là pour discuter avec toi en fait ! Ce n’est pas une discussion, ce n’est pas un débat, c’est des blagues sur ce sujet…Et toi derrière, si tu as envie d’en discuter avec tes amis et dire je suis d’accord, pas d’accord et bien tant mieux. »

Moi, je suis là pour que les gens dédramatisent de s’attaquer à un sujet. Le reste n’est pas mon travail, je ne suis pas journaliste, je ne suis pas politique, je ne suis pas là pour débattre avec le public.


« L’humour peut tout déconstruire. Toute pensée peut être ridicule »



Haroun




Ce sont les travers d’esprits exacerbés sur les réseaux sociaux…

Haroun : C’est le travers de la foule ! Je pense qu’avant même les réseaux sociaux, il y avait des moments où le public te disait : c’est faux, c’est de la merde !

D’ailleurs dans certaines cultures, le public réagit vachement en direct.

Je suis là pour dire : « il y a ça, et voilà pourquoi, il faut qu’on arrive à vivre avec ».

Je fais rire pour qu’on vive avec, mais je ne suis pas là pour défendre une cause ou une autre. Surtout pas, il ne faut pas tomber là-dedans.




Tu n’es donc pas un humoriste “engagé” comme on dit ?

Haroun : Faire de l’humour ce n’est pas être engagé.  Si tu es vraiment engagé, tu vas dans la rue, tu rigoles pas et tu dis sérieusement ce que tu penses.  

J’ai un peu de mal avec ce terme. Je ne prendrai jamais les lauriers de l’engagement… Cela ne veut rien dire par rapport à des gens qui le sont vraiment tous les jours sur le terrain, dans des associations.

Il faut demander aux équipes médicales, à ceux qui s’occupent des migrants, des sans-abris, ça ce sont de vrais engagements.

Moi je fais des blagues, on paye pour que je fasse des blagues…



Coluche était « engagé »…

Haroun : La transition se fait au moment où il commence à se battre pour faire les Restos du Cœur. Là oui, il commence à être engagé, mais il sort de son rôle d’humoriste : ça c’est Coluche qui créé les Restos, et là c’est un engagement.  

Il a mené un combat pour faire passer une loi pour que les dons soient défiscalisés, ça c’est un engagement. Même s’il peut mettre le doigt sur plein de sujets. 

Parler, ce n’est pas s’engager. Parler, c’est parler. Faire des blagues, c’est faire des blagues. S’engager, c’est agir.





Tu as développé la plateforme OnRigoleBien.com, la « tournée des Barbeuks », le chapeau pour faire participer le public… Qu’est-ce qui t’as donné l’idée de développer ces types de concepts en ligne, qui sont inédits dans le domaine de l’humour ?


Haroun : J’aime réfléchir en termes de projets plutôt qu’en termes de carrière. J’essaye d’aligner le spectacle et sa diffusion en ayant une manière différente de diffuser selon le spectacle.

L’idée avec Internet était de parler de ce qui me touche, c’est-à-dire, la libération d’Internet, quand je dis libération, c’est qu’internet permet de trouver des moyens pour se libérer des grandes multinationales qui gèrent, qui dictent ce qu’on doit faire ou pas.

Quand tu mets ton spectacle à disposition en payant sur Internet, la question du piratage se pose. Et personnellement, je suis pour le piratage. J’utilise Linux, je suis pour l’Open Source et je voulais faire un spectacle libre d’accès.

« Mon métier est de divertir, de dédramatiser. Je ne suis pas un porte-parole »


Haroun


Avec le chapeau, les gens donnent ce qu’ils veulent en fonction de ce qu’ils ont aimé ou pas.

J’aime bien ce principe. En plus, il y avait ce lien avec les chapeaux qu’on fait quand on est au début de sa carrière en demandant au public : si vous aimez, vous mettez. Et enfin, il y a aussi une dimension de responsabilisation des consommateurs.

On est responsable de ce qu’on voit, de ce qu’on veut voir, de ce qu’on consomme. J’ai envie de responsabiliser les publics à ce qu’ils veulent voir.





Justement, quels retours as-tu eu de ton public ?

Haroun : Financièrement, ce n’est sans doute pas aussi intéressant que de vendre mon spectacle à une chaîne. En réalité, si ce n’est pas rentable je m’en fous : c’est une réussite, car ce qui m’a intéressé c’était de sensibiliser à ma façon sur les nouvelles technologies.

Ça peut devenir très rentable quand les gens y seront habitués, même si je suis le seul à le faire pour l’instant… En terme de communication, c’était top car les gens étaient touchés. Cette initiative leur plaît.

L’économie et la rentabilité viennent parfois en 2e ou 3e priorité, parce que tu fidélises un public, tu communiques et cela ça a une grande valeur qu’on ne chiffre pas, mais qui existe.

Certains spectateurs n’ont pas assez pour donner à ce moment-là, mais l’avantage, c’est qu’ils sont sensibilisés…

Le jour où je vais passer en tournée, à l’autre bout de la France, ils vont venir. Ça c’est une grande valeur donc il faudrait chiffrer tout cela pour savoir si c’est rentable.



On sent ton expérience d’étudiant en école de commerce (rires)…

Haroun : La question se pose sur plein de projets aujourd’hui, la question de la valeur. Est-ce que c’est toujours l’argent qui a de la valeur ? Ce n’est pas toujours vrai.

Quand tu as un métier, parfois la valeur c’est d’avoir du temps pour soi, ce qui est un luxe aujourd’hui.


Il y a des gens qui accepte d’être moins bien payé pour avoir du temps pour eux, vivre heureux plus loin de Paris et prendre le temps.  La valeur et le prix sont deux choses différentes.



Quand tu rencontres ton public, quels échanges avez-vous quant à cette valeur que tu produis ?

Haroun : Ils sont très touchés par ça. Quand ils me rencontrent, ils ne me disent pas de choses négatives… ceux qui ne m’aiment pas ne me rencontrent pas !

Je pense que le fait d’avoir donné le spectacle développe avant tout un rapport d’engagement.

Même ceux qui ne donnent pas d’argent, donnent différemment et en parlent autour d’eux.  

Plusieurs fois, on m’a dit que c’était exceptionnel—alors que ça existait déjà, ça n’est exceptionnel que dans l’humour.

Je voulais montrer que l’on pouvait vivre de son art en donnant et sans faire payer tout le temps ce qu’on produit.

Je mets beaucoup d’extraits gratuitement sur les réseaux sociaux et j’arrive pourtant à en vivre.



Dès 2013, tu as commencé sur scène. Beaucoup d’humoristes ont choisi de se lancer via YouTube. Cela ne t’as jamais tenté ?

Haroun : Au départ je ne savais pas comment faire du podcast face-caméra. Ça ne m’intéressait pas tellement.


Je n’aime pas trop, je m’ennuie vite. Tout seul, chez moi, prendre ma caméra et faire des blagues je ne le sentais pas, j’ai besoin des réactions du public.

J’ai essayé quelques fois, mais c’est vraiment rare pour annoncer des dates de spectacle. J’ai commencé par de l’improvisation sur scène, et c’est ça que j’aimais.

Aujourd’hui, il y a beaucoup de choses qui sont déjà faites sur YouTube et des gens beaucoup plus pertinents que moi.



Quels sont tes conseils pour ceux qui débutent, sans réseau, sans passer par une école ?

Haroun : L’école ne sert pas forcément. Ce qu’il faut se poser comme question, c’est : est-ce qu’on a une grosse capacité de travail et de remise en question ? Parce qu’on va souvent prendre des murs, des portes.

Il faut écouter tout le monde. Beaucoup se remettre en question. C’est comme dans tout métier. Il n’y a aucun métier où ça va venir comme ça.

Il faut laisser mûrir son projet et s’interroger : est-ce que je sens que je suis totalement intègre, à l’aise, avec ce que je fais ? Est-ce que je ne suis pas en train de me mentir dans ce que je suis en train de faire là ?

Car quand on ment, le public le voit. J’ai l’impression que le switch s’opère quand le comédien trouve cet accord avec ce qu’il est et son personnage.

C’est un long travail de recherche, tout comme de trouver son style d’écriture ou sa manière de parler sur scène.

C’est très, très, long et cela nécessite beaucoup de travail, de tests, de réécriture, de remise en question.

Personnellement, j’écris beaucoup et je jette beaucoup. J’ai toujours fonctionné comme ça avec mon metteur en scène. Il ne faut pas tenir absolument à son texte, parce que le mieux est encore à trouver.



Ça fonctionne comment l’écriture d’un sketch d’Haroun ?

Haroun : Je n’ai pas vraiment de méthode particulière. En général, j’ai une idée de sketch, un truc qui me touche et j’ai envie d’en parler, de l’exorciser en gros.  

Soit ça part d’une note sur mon téléphone, soit je l’ai en tête depuis un moment, puis j’écris très vite un premier jet de 10 minutes.

Après, je vais laisser reposer, je vais le retoucher et je vais le tester sur scène. Parfois, je trouve une idée sur scène en impro. En enregistrant à l’audio, je corrige et c’est un aller-retour permanent entre l’écriture et la scène. Mes spectacles sont toujours en mouvement, ça ne se termine jamais.



Depuis le début de ta carrière, à quels types de murs t’es-tu heurté ?

Haroun : À des bides. Quand tu joues faux, quand tu n’as pas saisi ce que le public venait chercher, ou ce dont il avait besoin… Tu te prends forcément des bides.

Il y a une adéquation à trouver entre le public et toi-même, et, en travaillant, tu arrives de plus en plus à la saisir et à te l’approprier.

Quand tu fais un festival à l’autre bout de la France, tu pensais que ça allait marcher et tu n’es pas sélectionné, ou quand quelqu’un d’important dans le métier te fait une réflexion qui te casse les jambes… 

Mais c’est très bien. Il faut aller vivre ce truc-là pour l’utiliser et progresser, se poser les bonnes questions.

Et si on est en colère : transformer cette colère en énergie pour écrire et travailler.



Qu’est-ce que tu aimes le plus dans la scène ?

Haroun : J’aime beaucoup l’interaction avec le public, et pour ça l’impro est vraiment bien.

Ce que j’adore et ce qui m’angoisse en même temps, c’est de trouver des vannes où je me dis :


« Je ne sais pas si je vais trouver mieux. Est-ce que ce n’est pas le max que je peux faire ? Est-ce que j’arriverai à trouver une vanne supérieure ? »

Quand je trouve une très bonne vanne, je me dis que c’est vraiment cool, je suis très content… Mais c’est comme quand tu trouves une pépite d’or et que tu te dis, est-ce la dernière de la montagne ?




Est-ce que tu te vois dans l’humour toute ta vie ?

Haroun : Pour l’instant, oui. Je ne me vois pas changer. J’aurai toujours un pied sur scène, peut-être que ce sera à un autre rythme, parce qu’il ne faut pas non plus trop lasser les gens.

L’humour cynique n’est pas toujours le meilleur format. Pour les sujets philosophiques, par exemple. Je ne suis pas du tout philosophe, mais ces sujets m’intéressent.



Pour ça, il y a d’autres formats à tester. Je ne sais pas encore lesquels : ça peut-être de l’écriture de livre, de la vidéo, de la pièce de théâtre ou autres.




As-tu déjà regretté une vanne en te disant : ça, je n’aurais peut-être pas dû le dire ?

Haroun : Non, mais je me pose toujours une question : est-ce que les personnes concernées par la vanne vont se sentir inclues ou exclues.

Quand je parle d’un sujet, j’ai besoin de faire rire ceux dont je me moque, ou ceux qui sont proches de ceux dont je me moque.

Je me pose toujours la question de la forme : pourquoi la personne concernée par le sujet rigole ?



Est-ce que tu suis les médias ?

Haroun : J’ai l’application du Monde et je suis pas mal sur Twitter pour suivre ce qui se passe, les tendances. C’est intéressant pour moi, mais je ne suis pas au fait de tout. Je m’intéresse aux grands sujets, plutôt longs, des réflexions. J’aime bien les médias d’idées.



Quels sont tes usages des réseaux sociaux et d’Internet ?

Haroun : Ils sont uniquement pro je pense que si ce n’était pas l’usage professionnel, je n’en n’aurais pas.

J’avoue que je me marre vraiment bien sur Twitter. Il y a vraiment des trucs très drôles, il y a des espèces de trolls que je trouve vraiment forts et qui changent tout le temps de pseudos !



Ta « Tournée des Barbeuks », c’est vraiment une idée chaleureuse,  conviviale, chez le public. D’où est partie l’idée ?

Haroun : C’est partie d’une vanne du spectacle « Spécial Élection », en 2017, où je dis que les Français ne sont d’accord sur rien sauf les barbecues.



Quel que soit le milieu social, on aime tous les barbecues. On appelle ça un barbecue dans la plupart des milieux sociaux, dans la haute classe, on dit « garden-party », mais ça reste un barbeuk !

C’était au moment où je n’avais pas encore commencé ma tournée. Les gens me demandaient : quand est-ce que tu viens en province ?


Je répondais que la tournée n’avait pas commencé mais je leur demandais de m’inviter à leurs barbecues pour une pré-tournée et j’allais jouer chez eux.



Comment as-tu vécu ton passage de l’inconnu à la célébrité en 2016 ?

Haroun : Ça n’a pas changé énormément, sauf qu’on te propose des projets avec les moyens de ce que tu veux faire. Ça c’est très agréable. Et c’est comme dans tout métier, quand tu as beaucoup travaillé et que tu arrives à un perfectionnement.

La célébrité ne change rien, je fais mon taf. Sauf que la France pour toi devient un village. Dans les villages : tout le monde te connaît donc tu dois potentiellement dire bonjour à tout le monde, et on peut te dire bonjour à n’importe quel moment ! Je discute et je rencontre plus de gens et c’est très bien comme ça.

Je ne dégage pas un truc de star… Tout dépend du comportement. Ça ne me dérange pas de continuer à prendre le métro.


Sortir de cela, c’est développé quelque chose dont tu peux te plaindre ensuite et parfois tu en as des “stars” qui se plaignent de la célébrité alors qu’elles cultivent ça.


Rends-toi accessible… et ça va. Les gens très absents et qui essaient de se cacher sont tellement inaccessibles que dès qu’on les voit, forcément…on est impressionné.




Où pourra-t-on te voir prochainement ?

Haroun : « En Vrac » est le prolongement  de la « Tournée des Barbeuk ». Je suis parti jouer dans des lieux insolites un peu partout en France. On va découvrir ces lieux lorsque je vais diffuser le spectacle.


Je voulais renouer avec cette idée de faire de l’humour n’importe où, partout en dehors des salles de spectacle et de façon très simple. Je laisse le suspens sur les lieux à découvrir et qui seront à l’image…


Infos pratiques :

Dernière date « En Vrac » : samedi 29 juin, à Nanterre: Billetterie disponible ici.

Rédactrice en chef de MeltingBook, formatrice éducation aux médias, digital & dangers du web

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