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Black Panther Matters inaugure une année Marvel

28 février 2018
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Black Panther Matters inaugure une année Marvel

Véritable carton au box-office mondial, “Black Panther” inaugure une année “Marvel”. Elle culminera avec le très attendu Avengers Infinity War. Chronique sur ce super-héros au delà du spectacle.

Black Panther est un superhero américain Marvel créé en 1966 par Stan Lee et Jack Kirby.

C’est Tchalla, le roi de Wakanda une nation africaine avancée et isolée du monde, source d’un métal révolutionnaire le Vibranium du bouclier de captain America et dont on tire aussi le squelette d’adamantium de wolverine.

Origins

Tchalla vient d’une lignée ancienne de Black Panther, chacun ayant vécu de grandes aventure. Les Black Panther sont les dépositaires de la bénédiction de Bast déesse féline protectrice de Wakanda. Leurs pouvoirs sont mystiques.

Tchalla se distingue parce qu’en plus de l’accueil de ces pouvoirs en faisant un des plus forts combattants, il est maître des arts mystiques et un génie scientifique (comme Doctor Doom).

Il partage avec Batman plus que les oreilles pointues et le noir, c’est un Batman avec des super-pouvoirs, roi de Gotham où tous les problèmes ont été résolus.

Bref, on l’appelle quand la fabrique même de l’univers est en danger.

Il survole de loin les enjeux de nos super-héros les plus populaires comme Spiderman, c’est pas pour autant qu’il n’aime pas mettre des claques au Ku Klux Klan (KKK).

Identity crisis

Ce qui nous amène à son impact social.

Black Panther et Luke Cage sont deux héros particulièrement importants. Ils sont chargés de l’histoire sociale de la ségrégation et de la lutte pour les droits civiques.

Le pouvoir de Luke Cage ? Imperméable aux balles (de la police). Black Panther, quant à lui, donne son nom au célèbre parti pour l’émancipation des Afro-Américains.

Et c’est là où Black Panther trouve une force importante, il porte la culture afro-américaine.

Le combat de beaucoup pour rendre leurs identités et leurs dignités aux Noirs américains est passé par la redécouverte des racines africaines.

Capture d’écran trailer vidéo.

Le film est dans les salles depuis le 16 février 2018.

Les African Americans ne sont pas venus comme les autres migrants, sur le pont du Mayflower mais dans ses soutes, comme esclaves pendant des générations et allant jusqu’à perdre leurs noms.

Ainsi, Malcolm Little est devenu Malcolm X puis El-Hajj Malik El-Shabazz, le pèlerin Malik, de la tribu d’Esh-Shabazz (ou la tribu sha3b des puissants 3azz).

Cette tribu originelle serait aussi liée au Nil et à ses sources comme ressource naturelle de vie et de développement, selon Nation of Islam. Bref, pas loin de l’emplacement narré de Wakanda.

Stan Lee et Jack Kirby n’ont donc rien inventé ex nihilo. Black Panther est le résultat de son époque, l’esprit du temps fait super-héros.

Les comics sont très perméable à ses réalités, Magnéto, juif (certaines versions d’origines en font un Rom) survivants de l’holocauste, ses  »enfants » (les fans comprendront les guillemets), Roms, subissant une double discriminations car étant mutants. Mais on y reviendra…

Black Panther est donc un héros fondamentalement Américain, non pas parce que s’insèrent dans l’histoire d’une littérature américaine, mais parce qu’il est l’écho de l’identité afro-américane émergente.

Cette identité signifiante est en tant que concept subit toujours des attaques racistes parce qu’elle a 2 buts :  combattre l’exonyme NIGGER-NÈGRE et s’imposer comme un endonyme.

C’est-à-dire, un nom que l’on se donne soi-même. Les coups et les bâtons cassent le dos mais les mots cassent la vie.

On comprend mieux comment Black Panther devient le nom, le symbole et l’esthétique du parti pour l’auto défense jusqu’au point où Marvel a changé le nom du personnage pour éviter les affiliations !

Le retour du fils prodigue

Marvel est pionnier dans la promotion des minorités, célébration d’un mariage gay, une X-men en burqa, et en même temps que Trump est devenu président, Sam Wilson est devenu Captain America !

Le lecteur de comics, en général nerd sur les bords, y puise souvent un confort dans l’échappatoire à un monde qui ne fait pas de lui un leader.

Voilà pourquoi beaucoup de super-héros sont des marginaux qui se transforme pour accueillir leur véritable destinée dans leurs communautés, sur Terre et souvent en même temps qu’à une échelle cosmique !

black-panther

Voilà aussi pourquoi les personnages de comics les plus populaires sont aussi des génies, incompris, introvertis. Le plus connus étant bien sûr Spiderman ! Black Panther n’y échappe pas.

Marvel a pour tradition d’aborder ces questions avec leur série la plus populaires X-Men. Tout le monde connaît la dispute qui va trop loin entre les 2 BFF : Charles Xavier (Professeur X) & Éric Lensherr (Magnéto).

Xavier a un rêve, celui d’une cohabitation pacifique entre mutants et humain dans une société pacifique. Il protège ce rêve grâce à une école pour enfants spéciaux et son équipe secrète de X-Men et prône la non violence comme base de cette cohabitation.

Magnéto quant à lui croit que les humains ont tellement peur de perdre leur suprématie qu’ils ne connaissent qu’une voie, l’extermination de ceux qu’ils considèrent comme un danger.

La prochaine étape de l’évolution de l’humanité, l’homo superior comme les nomme Magnéto qui a pour objectif de donner aux mutants la place qu’ils méritent par tous les moyens nécessaires, même violents et quitte à passer pour de méchants mutants.

Il n’est pas seul, il est le leader d’une fraternité. Vous voyez où je veux en venir ?

The never ending story

Le Marvel cinematic universe n’a plus la même cible ni la même logique que la ligne comics. La cible change et ils n’abordent pas les enjeux sociétaux frontalement.

Mais avec Black Panther, il est impossible d’y échapper et l’apparition dans civil war a été plus que concluante. La pression autour de ce film est telle qu’il n’a pas pu être question de Whitewashing comme pour les jumeaux maximoff, Scarlett Witch et Quicksilver qui n’ont plus d’origines Romanis malgré leurs noms Rroms.

Malgré tout big up à Captain America 2 et son Batroc Franco-Algérien.

Batroc

Parenthèse : est-ce que Black Panther est le premier super héros noir… Je pourrais argumenter, mais je n’en ai pas envie. Cette question a l’air de perturber bien plus ceux qui ne sont pas concernés que ceux qui le sont… Autant dire, je ne suis pas raciste j’ai un ami noir. Next.

Dès son annonce, ce film a passionné. Surtout que la question raciale est de plus en plus vive, des 2 côtés de l’Atlantique. Tout le monde en a peur, va-t-il esquiver les enjeux inhérents à l’identité du personnage ? Saura-t-il rendre compte de la complexité d’une galaxie nouvelle dans le MCU ? Sera-t-il bien écrit ? Sera-t-il rattrapé par la qualité scénaristique Marvel ?

Que vaut le film ?

Je réponds que je ne peux pas y répondre, chacun se fera une idée et j’exposerai uniquement mon point de vue amateur. Rappelons seulement que c’est un film grand public, un blockbuster, un Marvel Disney.

Certains des points faibles ou forts (surtout les faibles) s’expliquent par ça uniquement. Ce n’est pas la biographie de Malcolm X, Kunta Kinté ou Rosa Parks. Ce n’est pas Detroit ou rise of a nation.

Ce n’est pas ni un film de noir pour les blancs ni un film de noir pour les noirs. Les éléments précédents n’ont tenté que de donner envie d’en savoir plus sur le personnage, sur les comics pour les plus militants et pour les plus geeks de se rendre compte que  »there is more than meet the eye ».

Spoiler alert!
Les points faibles

Hors de l’idiosyncrasie de Black Panther, c’est la même recette qu’Ant Man ! Si ce n’est le charisme de Michael B Jordan et le twist que Klaw n’est pas le vrai méchant, on est face à la même structure. Et quand on passe ça, on ne peut pas ne pas penser au Roi Lion !

La relation Tchalla Nakia ressemble trop à celle de Nala Simba. Les personnages se confondent à la perfection ! Wesh ! Le show him who you are ! De la mère ne peut que faire penser au « remember who you are » de mufasa. Si ce n’était la qualité des acteurs.

Killmonger est bien trop important pour être un méchant de seconde catégorie ! Le message qu’il porte et la manière dont il l’incarne en fait un Loki de popularité et un Magnéto de charisme. Il se montre ainsi parfois trop cruel pour son rôle de grand méchant, on peut aimer ou pas, mais la ressemblance avec le comportement de  »B-list villain » nous fait comprendre qu’il n’a pas vocation à durer plus qu’un film, c’est dommage et j’espère vraiment que sa popularité va le sauver !

Capture d’écran trailer vidéo.

Capture d’écran trailer vidéo.

Le pouvoir par la plante et le combat rituel : ce point me tracasse particulièrement parce que le personnage de Black Panther est doté d’un pouvoir mystique. C’est une chose de ne pas en faire un génie qu’il est mais ne lui retirons pas son côté mystique.

Devenir Black Panther se mérite, pas par le combat, mais par l’épreuve de l’âme. Ce point n’est abordé que par l’épisode du rêve, trop rapidement. Ça aurait pu donner une valeur plus grande à la confrontation Jdaka/Tchalla, mais si on ne connaît pas l’origine du personnage on n’y pense pas. (Je ne parlerai même pas de la nécropole).

De même, le MCU voit tout le monde comme un Iron man, avec une armure technologique. Après Ant Man, Spiderman, c’est maintenant Black Panther, please stop! Et donc les 2 tenues sont complètement inutiles, si ce n’est pour justifier la différence entre les antagonistes. Parce que là encore la couleur des costumes de super-héros veut tout dire. (Iron man Rouge captain America Bleu, cyclops bleu jaune wolverine jaune bleu)

Culture de Wakanda : j’ai été très déçu par la carence de la représentation de wakanda de sa culture et de ses institutions. C’est un pays millénaire dont le développement est ininterrompu depuis sa création, certainement que la métropole doit être bien plus étalée, plus développée, avec un centre historique, etc. Je n’ai repéré qu’un gratte ciel reprenant les traits  architecturaux de Tombouctou.

Pour le reste je suis assez déçu. Les comics sont plus développés sur ce point. Comme n’avoir que 4 tribus, et une cour royale avec si peu de représentants ? On se croirait plus dans une entreprise familiale que dans un état-nation antique… De quoi réellement énerver Mbaku !

Une scène finale digne de la bagarre de parking de civil war plutôt que d’une vraie guerre civile !

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La motivation de W’Kabi de se ranger du côté de Killmonger est trop légère. On pourrait presque croire Qu’il se serait fait lobotomiser…

Le gros point fort de ce film c’est sa capacité à transcender tous ses défauts pour en faire un des meilleurs Marvel ! Avec Iron man 1, Captain America 2, Thor 3, Guardian of the galaxy et Ant Man.

Le casting est ce qui porte au plus haut ce film avec un coup de cœur pour Okoye.

J’espère seulement que ça nous laissera comprendre qu’il faut embrasser la complexité de ces personnages et j’espère que Scarlet Witch retrouvera son identité romani de tout mon cœur.

Mehdi Bouteghmès, élu et professeur des écoles

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